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Télétravail, le travail devant sa télé ?

Télétravail, le travail devant sa télé ?
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Déc

L’équipe d’Inflexia est habituée aux nouveaux usages collaboratifs professionnels (le « travail 2.0 ») et tend à valoriser son utilisation. Focus sur le télétravail, ses chiffres, le cadre en management et légal ; ainsi que les avantages tant pour l’entreprise, le salarié que la collectivité.

Inflexia interviendra aux Petits Dej’ Business@Dreux, le vendredi 13 décembre à Dreux, pour présenter les intérêts du télétravail et ses usages.

Pour beaucoup de managers, le télétravail veut dire que l’employé est en robe de chambre dans son canapé en train de regarder la télé, à ne rien faire, ou à en faire le moins possible.

Mais au-delà de cette image simpliste (mais fréquente) comment se présente concrètement le télétravail ?

Les chiffres d’usage

La France n’est pas le pays le plus en avance sur le sujet, et de loin. Selon les études, de 7% à 17% de la population active (comprenant les travailleurs indépendants) dans l’hexagone pratiquerait le télétravail (8 heures par mois minimum). En comparaison, ce chiffre monte à 32% en Finlande, 27% en Suède et 20% aux Etats Unis.

teletravail-chiffres

Le cadre managérial

Si l’on souhaite recruter un télétravailleur ou faire passer un salarié (ou plusieurs) en télétravail, il convient tout d’abord de s’assurer d’un certain nombre de points :

  • Est-ce que le poste concerné peut fonctionner en télétravail (pas en fonction du statut mais de la fonction) ?
  • Est-ce que le salarié concerné est prêt à accepter ce mode d’organisation ?
  • Est-ce que le management peut fonctionner dans ces conditions ?
  • Quelle proportion du temps est acceptable pour tout le monde (du plein temps à l’occasionnel, en passant par 4/5e, 1 semaine sur deux, etc.) ?
  • Quel accompagnement mettre en place (formation, coach, aucun, etc.) ?
  • Est-ce que les conditions logistiques sont viables ?

Il va de soi que le management lié à une telle organisation repose en grande partie sur une relation de confiance et/ou sur un management de projet et non plus uniquement à l’horaire.

Il n’est bien évidemment pas question de ne pas avoir un cadre horaire, ne serait-ce qu’à minima, mais plutôt d’accepter les règles de souplesse que peut induire cette organisation.

Les bénéfices sont nombreux pour toutes les parties et même au-delà.

Pour l’employeur :

  • Réduction de l’absentéisme et des retards (Notamment en cas de bouchons, grèves, etc.)
  • Souplesse pour et avec les salariés-handicapés et des salariés ayant des contraintes familiales importantes
  • Réduction des frais généraux et des dépenses
  • Moderniser les processus de management
  • Participer au bilan carbone de l’organisation
  • Potentiellement, profiter d’une plus grande productivité des employés

Pour le télétravailleur :

  • Une réduction des transports
  • Une économie potentielle sur ses impôts (voir les aspects financiers)
  • Des horaires de temps de travail plus souples
  • Un accroissement en autonomie et en responsabilité
  • La limitation des nuisances sonores, notamment dans un contexte où l’open space se généralise
  • Une meilleure conciliation vie personnelle / vie professionnelle
  • Potentiellement, une augmentation de la qualité de vie, qui implique une plus grande productivité au travail

Pour la collectivité :

  • Réduction de la pollution
  • Développer des zones rurales
  • Limiter les déplacement de population vers les centres urbains
  • Permettre de gagner du temps, que celui-ci soit reversé dans le travail ou les loisirs

78 % des dirigeants d’entreprise doutent de l’efficacité de leurs collaborateurs en télétravail ; mais ils ne sont plus que 41 % après l’avoir pratiqué.

Les entreprises engagées dans le travail à distance enregistrent jusqu’à 20% d’absentéisme en moins.

Les aspects financiers

Le passage au télétravail peut également signifier de sérieuses économies sur la location de bureaux. Par exemple, une entreprise peut décider de réduire sa surface de bureaux pour ne disposer que de 80% (ce chiffre pouvant évoluer d’une entreprise à l’autre) d’espace nécessaire. Les 20 % manquants étant liés aux personnes en télétravail. A minima, il est important de conserver un espace de réunion afin de pouvoir réunir physiquement les équipes, ou recevoir des clients (pas toujours conseillé de recevoir des clients à son domicile 😉 ).

Par ailleurs, les économies en transport (que ce soit pour le salarié, pour l’entreprise ou pour les deux) est lui aussi significatif. L’évolution du prix de l’essence continuera de renforcer cet aspect.

A noter aussi : « Les frais engagés par les salariés qui exercent leur activité professionnelle selon le mode du télétravail sont déductibles dans les conditions de droit commun applicables à l’ensemble des salariés, telles qu’elles résultent du 3° de l’article 83 du CGI. » (voir l’article 170 en ligne)

Il faut toutefois considérer les coûts liés. En effet, un salarié doit pouvoir disposer d’un équipement comparable à ce que son employeur met à sa disposition, tel que ordinateur, imprimante, connexion Internet (avec la triple play, cela représente également des économies sur un standard) ou encore quelques fournitures de bureau.
Dans certains cas, cela peut également comprendre une forme alternative de locaux autres que ceux de l’entreprise elle-même (voir point suivant).

Le télétravail représente une économie significative mais peut aussi induire quelques coûts.

Travail à la maison ou espace de coworking ?

Lorsque la décision est prise de mettre en place le télétravail, la question du lieu de travail du télétravailleur est la plus importante.

Première solution, la plus évidente en apparence, est de travailler de son domicile. Mais est ce que c’est la meilleur solution ?
Plusieurs points à vérifier :
– Est ce que la maison dispose d’une espace adapté (de préférence une pièce fermée et isolée)
– Est ce qu’il y a des enfants dans la maison (pas toujours simple d’expliquer à son bambin que papa ou maman est à la maison, mais qu’il ne peut pas s’occuper de lui)
– Est ce que le salarié est capable de travailler de chez lui

S’il apparaît que le domicile n’est pas le lieu le plus adapté, il existe des solutions alternatives.

En fonction de différents critères, il existe un choix de solutions à intérêts divers :

Espace de coworking

Généralement destinés aux free lances, les espaces de coworking peuvent tout à fait accueillir des salariés d’une entreprise. Dans certains cas, il est même possible de louer un espace pour plusieurs salariés vivants proches les uns des autres. On économisera ainsi sur certaines fournitures et installations (une seule imprimante, une seule connexion, Internet, etc.).

Télécentre

Ce sont des espaces de travail partagés entre plusieurs entreprises et/ou télétravailleurs. On y trouve l’ensemble des services du bureau : accès à internet haut débit et sécurisé, accueil, postes de travail, salles de réunion, souvent de la visioconférence, et parfois des services complémentaires. L’espace y est souvent réparti entre des espaces de travail collaboratifs, des espaces de travail confidentiels, des espaces lounge et détente, un espace cafétéria/restauration. L’accueil et l’animation sont présents afin de favoriser les échanges entre les usagers.

Sous location de bureau

Bon nombre d’entreprises ont des espaces de travail non occupés. Certaines proposent à la location ces espaces. Le salarié se retrouve ainsi au sein d’une entreprise avec toutes ses installations, mais à côté de leur domicile.

Il existe quelques sites proposant ce service :
https://www.deskup.fr 
http://www.bureauxapartager.com/

Cadre juridique

Depuis mars 2012, le télétravail en France est reconnu depuis la loi Warsmann qui a inscrit cette pratique dans le code du travail (article L. 1222-9).

Le télétravail est ainsi défini par le législateur : « le télétravail est une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail et dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière ».

La règle du “double volontariat” (pour l’entreprise et pour le salarié) à également été affirmé à plusieurs reprises par la Cour de cassation.

Il peut également être préférable de retenir le “principe de réversibilité”. Chaque partie pouvant décider de renoncer au télétravail, sans dénoncer le contrat de travail.

A lire également sur cadre-dirigeant-magazine.com : « Les retours d’expériences »

Pour conclure : des bénéfices ?

Cette forme particulière de travail, lorsque son développement et sa pratique sont correctement maîtrisés, apporte de nombreux bénéfices tant pour l’employé que pour l’employeur mais aussi pour la société dans sa globalité (amélioration de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, augmentation de la productivité, amélioration des conditions de travail, désengorgement des transports, réduction des émissions de gaz à effet de serre, entre autres).

Le télétravail implique un nouveau rapport au travail et un nouveau modèle managérial fondé sur la confiance et l’autonomie. Il change également la perception bien ancrée dans la culture française qui consiste à juger un employé sur sa présence plus que sur ses résultats.

Jean-Baptiste Sers – Inflexia

Comments

  • 4 décembre 2013

    Le lien social au travail est très important. Il faut trouver un moyen de le maintenir à minima au delà du simple échange de mails.

    • 8 décembre 2013

      Absolument ! Il n’est pas conseillé de rester tout le temps loin de ses collègues. Le télétravail peut être partiel (1 journée par semaine par exemple), mais ne saurait voir l’employé rester totalement déconnecté de ses collègues. A minima, il faut se retrouver une fois par semaine, ne serait ce que pour une réunion, et si possible pouvoir créer un espace temps plus social (un déjeuner par exemple).
      L’isolement est un risque qu’il ne faut pas négliger.

  • 6 décembre 2013

    Le télétravail, c’est bien, c’est dans l’air du temps, et ça va probablement être amené à se généraliser, c’est certain!

    Mais en tant qu’employé, et avant d’accepter une fonction permettant le télétravail, il s’agit d’être honnête avec soit même et se poser la question de savoir si on peut assumer le fait de travailler chez soit, seul, sans obligations, hormis celles qu’on s’imposent à soit même.

    Je pratique le télétravail depuis bientôt 3 ans, et un des premiers désavantages frappant et le manque de contacts IRL avec les collègues. Lorsqu’on a la possibilité de travailler en full-télétravail, il faut à minima quelques rendez-vous avec ses collègues, ou alors prendre le réflexe d’utiliser la visioconférence plutôt qu’un simple appel sur Skype / Lync / Communicator, etc… L’entreprise en question doit également mettre l’accent sur un axe de communication « employeur employé » plus fort que dans un cadre normal, puisqu’on les discussions informels à la machine à café n’existent pas. L’employeur doit également faire un effort sur les outils mis à dispositions des employés (Intranet avec RSE, …).

    Il faut aussi éviter de se dire « chouette, je vais pouvoir trainer en caleçon toute la journée », ou encore « aller, je bosse encore un peu, j’ai pas de route à faire ». En effet, il y a 2 points dans cet article qui ne peuvent fonctionner que si on s’impose certaines règles:
    -> Une meilleure conciliation vie personnelle / vie professionnelle
    -> Potentiellement, une augmentation de la qualité de vie, qui implique une plus grande productivité au travail

    Pouvoir concilier vie personnelle / vie professionnelle requière d’avoir une certaine force, et de se dire qu’à partir du moment où la porte du bureau est franchie, on change de mode. Lorsqu’on travail dans un cadre normal, c’est souvent le trajet en voiture ou en transport public qui nous permet de passer d’un mode à l’autre. Pas toujours évident lorsqu’on est chez soit et que les 2 modes de vie sont séparés que par quelques centimètres.
    A propos de la qualité de vie, là aussi, ne pas tomber dans le piège de bosser beaucoup plus, sous prétexte qu’on a justement pas de trajets à faire, sinon à quoi bon travailler à la maison si c’est pour passer en mode « vie personnelle » à la même heure que si on rentrait du travail en voiture?

    Voilà pour moi les 2 points qui me paraissent critiques pour les personnes qui sont tentées par le télétravail.

    • 8 décembre 2013

      La première règle quant à la mise en place d’une solution de télétravail est effectivement de savoir si l’on est capable de fonctionner loin de ses collègues. A ce titre, vous avez raison, il faut être honnête avec soi même. Trainer en caleçon toute la journée n’est pas une situation idéale pour être efficace. Il faut savoir s’imposer les mêmes règles que celles que l’on a lorsque l’on doit sortir de chez soi (prendre une douche, s’habiller, etc.). Dans certains cas, il peut être conseillé de se préparer comme si on allait dans un bureau, voir même de sortir de chez soi pour aller prendre un café dehors.
      Ensuite, comme vous le dites, il ne faut surtout pas se couper physiquement de ses collègues. Une réunion par semaine au bureau est une bonne solution, ainsi que l’organisation de déjeuner avec ses collègues par exemple.
      D’une manière générale, cela demande un minimum d’organisation pour ne pas se sentir seul, pour ne pas mélanger sa vie privée et sa vie pro. Il faut s’imposer de ne pas s’occuper de chose personnelle pendant ses heures de travail (ne pas faire le ménage en pleine journée par exemple) et réciproquement (ne pas regarder ses mails à partir d’une certaine heure par exemple).