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Facebook dans les entreprises : intrusion ou solution ?

Facebook dans les entreprises : intrusion ou solution ?
2
Oct

Avec le lancement prochain de Facebook at Work, le réseau social finalise son arme à destination des entreprises. Mais, avec un modèle économique reposant sur la commercialisation des données personnelles grâce à la collecte des données, de nouvelles questions se posent sur la démocratisation de ce futur outil dans l’entreprise et sur la capitalisation de nouvelles données, cette fois-ci, professionnelles.

Facebook et réseaux sociaux professionnels, 6 ans plus tard

En janvier 2009, je publiais un article sur mon blog « Les réseaux sociaux B2B vont-ils disparaitre ? »
Déjà le constat de l’hypercroissance de Facebook (au moment de la rédaction de l’article : 140 millions de français peuplaient le continent « Facebook », 31 millions le pays Linkedin et 3 millions pour Viadéo) qui s’est avérée juste 6 ans plus tard.

Ensuite, la réponse à cette question de l’article n’était pas encore tranchée mais soulevait la pertinence du modèle économique Freemium pour les sites B2B et l’intégration de certains modules professionnels dans Facebook (qui finalement n’ont pas pris racine). Je pense notamment à Branchout, lancé en juillet 2010… mais qui a disparu des radars en 2013. Aujourd’hui, un simple message est publié sur leur site et vous invite à bien remplir vos données professionnelles sur Facebook. On peut attendre un probable retour suite à son rachat fin 2014.

Facebook dans l’entreprise

Facebook en B2B ne sera pas un nouveau réseau social professionnel, mais sera dans l’entreprise. Plus de crainte pour Linkedin ou Viadéo, étant donné l’approche différente en dehors de l’entreprise.

Lancé en test en début d’année auprès d’une centaine d’entreprise (voir l’article de Techcrunch), depuis quelques jours l’annonce d’un lancement en fin d’année se fait plus présente après la publication de l’information par son responsable chez Facebook sur Re/Code.
D’ailleurs, l’application mobile Facebook For Work est (toujours) disponible dans l’AppStore (mais accessible aux utilisateurs déjà inscrits auprès des entreprises testeuses).

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D’ailleurs un bon article de Presse Citron présente les interfaces et note un point important : « En tout cas, Facebook at Work mise beaucoup sur sa ressemblance avec Facebook. L’objectif ? Faire en sorte que l’utilisateur s’adapte facilement à l’interface (sans coûts de formation). » (et confirmé par le CEO de Hootsuite sur Re/code : « If somebody comes into the company, they know how to use this tool from day one. So training cost is zero. That’s important. »)

Pour que l’outil soit démocratisé, il faut que l’usage soit massif.
Et il semblerait que si vous disposez déjà d’un compte Facebook, le passage à Facebook For Work se fera en 1 clic avec les mêmes identifiants !

C’est effectivement un point important : l’expérience utilisateur et son adoption.
Avec bientôt 1,5 milliard de comptes, l’usage d’un Facebook professionnel ne devrait pas poser trop de soucis !
Et avec l’avantage de ne pas avoir de publications *polluantes* comme une série de chats en colère, de photos de plage ou de séance de psychothérapie publique. Bref, un réseau social d’entreprise dont l’interface est massivement connue !

Reste encore à passer les barrières psychologiques de certaines directions (générales, informatiques ou RH) pour laisser entrer le loup dans la bergerie le réseau social dans l’entreprise.

Données personnelles ? Données professionnelles ? Freemium ?

Reste encore à passer une barrière : celle de la gestion des données personnelles. Enfin, professionnelles.
Le réseau social de Mark a un lourd passif de changement de conditions d’utilisateur, de collecte de données reposant sur le modèle économique publicitaire.
En effet, en tant qu’annonceur, je peux vous envoyer du petit pot pour bébé car je sais que vous avez un petit nouveau dans votre famille. Ou encore vous suggérer un site de rencontre car votre relation est passée de « en couple » à « c’est compliqué ».

Mais pour l’entreprise, c’est différent. (Quoi que la relation avec son supérieur hiérarchique pourrait être une variable intéressante avec un passage en « en couple » à « c’est compliqué » en cas d’échanges orageux lors d’une réunion !).

Pour cela, Facebook proposerait un modèle freemium permettant l’accès à certaines fonctionnalités gratuitement et d’autres sous forme d’un abonnement. Quel en serait le coût ? A ce jour, l’information n’est pas diffusée et confirmée.
Mais, la notion d’achat pourrait être un garde-fou contre la commercialisation de vos partages et échanges professionnels (et d’autres questions de sécurité comme le soulève en Journal du Net en fin d’article)

Enfin, je pense qu’il y aura toujours une part de doute quant à cet usage. L’histoire est trop lourde pour imaginer un réel changement de mœurs.
En outre, je suis partant pour tester cette solution en interne (et pouvoir la comparer aux autres RSE que je connais, notamment son grand frère Yammer intégré à la suite Office 365). Mais d’ici à ce que les grandes entreprises, les collectivités l’adoptent… il y a une génération à attendre.

Mais, comme nous ne voyons dans leurs évolutions, les générations se succèdent vite et ne se ressemblent pas.